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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 10:34

  pablo-picasso-mendiant-et-enfant

Mendiant et enfant, Pablo Picasso

 

 

 

Assis en tailleur

Devant les vitres

Brillantes et bruyantes

Du Monoprix qui crie

Sur sa couverture rapiécée

Effrangée et salie

Vieux bouddha oublié

Aux yeux demi-fermés

Il attend

 

Quoi ?

 

La piécette jetée

Dans la sébile en fer

Le kawa clairet

Dans la tasse en carton

Le jambon périmé

Laissé sur le marché

La pomme rongée blette

Tombée dans la poubelle

Le filet d’eau glacée

Dans la douche cassée

Du froid foyer d’accueil

 

Sous son front

Le brouillard du vide

Dans ses yeux

Le trou noir de l’indifférence

Dans sa bouche

Le goût amer de la solitude

Sur sa peau

Les crevasses du manque et de l’oubli

Dans ses membres

La lassitude des errances

 

Le temps passe

Et repasse

Les gens passent

Et repassent

 

Lui

Il attend

La fin

De sa nuit

 

 

 

Pour Papier Libre de Juliette,

Thème : Attente

 

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Published by Catheau - dans Papier Libre
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commentaires

Marine D 02/04/2011 14:03


La fin de sa nuit, et elle sera aussi triste et vide que sa vie, hélas, sans doute...


Catheau 02/04/2011 21:40



Merci, Marine, d'avoir lu ce texte.



Nat 19/03/2011 07:25


triste réalité


Catheau 19/03/2011 14:29



"Plus loin que les frontières/ Qui sont de barbelés/Plus loin que la misère/Il nous faut regarder...", c'est ce que chantait Jacques Brel. Merci, Nat, de votre passage.



Anne Le Sonneur 18/03/2011 19:26


"vieux bouddha(s) oublié(s)", si nombreux ! Vos mots pour eux, ce tableau de Picasso, période bleue, d'un bleu nuit, de ce bleu obscur de nos coeurs.


Catheau 18/03/2011 21:48



Eclairer l'obscur et les voir enfin. A bientôt, Anne.



Annick SB 18/03/2011 18:55


Beaucoup de douceur pour décrire un drame ...


Catheau 18/03/2011 21:47



Un drame qui s'accentue, celui d'une société à deux vitesses. Merci, Annick, de votre passage. 



Nounedeb 18/03/2011 17:37


Le temps passe. Les années passent. La misère ne passe pas.


Catheau 18/03/2011 21:45



Et nous passons devant eux, indifférents. Changeons notre regard.



Elo 18/03/2011 16:43


c'est très bien écrit... Joli poème! Bises


Catheau 18/03/2011 21:44



Un poème pour tous ceux qui sont invisibles. Merci, Elo. A bientôt sur votre blog.



Brunô 18/03/2011 13:54


Un portrait très réaliste et toujours et encore d'actualité, hélas !


Catheau 18/03/2011 21:41



Encore et toujours de plus en plus nombreux, ceux que nous ne regardons plus. Merci, Brunô, de votre visite.



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