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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 23:01

  Mongoutte

Le cimetière allemand de Mongoutte à Sainte-Marie-aux-Mines

(Photo ex-libris.over-blog.com, mardi 08 novembre 2011)

 

 

En bas de la vallée la vie roule sans trêve son bruit de camions

Une écharpe de brume flotte dans l’air humide et doux

 

Au flanc de la montagne sous un tapis de feuilles blondes

Dorment mille cent soixante quinze soldats allemands

Et le baron Fitz-James de Berwick colonel de la garde impériale de Russie

 

Tous

 

Qui ne chargeront plus sabre au clair

Qui n'avanceront plus baillonnette au canon

Qui ne salueront plus au garde-à-vous

Qui ne marcheront plus au pas de l’oie

 

Soldats de guerres sans nom sauvages et meurtrières

Soldats de tous les grades Schütze Pioner Hauptmann

Julius Kantorowitz Jäger Karl Ochs Landsturmann

Que la mort a mêlés et confondus dans les ténèbres de l’humus


 Mongoutte 3

  Quatre croix de métal au cimetière allemand de Mongoutte à Sainte-Marie-aux-Mines

(Photo ex-libris.over-blog.com, mardi 08 novembre 2011)

 

Désormais

 

Ils gisent dans l'amitié tendre et ténue de la terre 

Ils respirent le vent dans les branches tendues et frémissantes

Ils prêtent l’oreille au murmure de l’eau sous le pont de pierre

Ils écoutent le cri des corneilles et des corbeaux au-dessus des prés

Ils tressaillent au son cristallin des cloches villageoises en contrebas

Ils remuent doucement parmi les plantes et les racines à la vie obstinée

Comme le dormeur dans ses draps fuyants et ondoyants

 

Savent-ils si leur casaque est bleue ou verte

Soupirent-ils pour l’Allemagne songent-ils à la France

Murmurent-ils Alsace appellent-ils Elsass

Leurs rêves sont-ils français ou bien sont-ils allemands

 

Maintenant

 

Je crois qu’ils n’en ont cure ceux-là qui dorment éternellement indifférents

Dans le compagnonnage serein et universel des morts

 

Au cimetière allemand de Mongoutte

Sainte-Marie-aux-Mines,

mardi 08 novembre 2011, 11h du matin

 

 

 

 

 

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Published by Catheau - dans Poèmes
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commentaires

Alice 11/11/2011 18:10


C'était le temps où le soldat était de "la chair à canon" la guerre de 14 n'a pas eu de pitié pour eux.


Catheau 14/11/2011 17:25



Et pourtant, ils sont partis la fleur au fusil. Merci, Alice, de tes visites.



valdy 10/11/2011 22:21


La poésie engagée peut aussi être belle ...
Amicalement Valdy

PS : il y avait un peu de la douceur bucolique du "Dormeur" dans votre poésie ...


Catheau 11/11/2011 08:34



Votre allusion au "Dormeur du val" me va droit au coeur, chère Valdy.



Suzâme 10/11/2011 18:36


Ah si j'étais croyante, je te dirais que les âmes de tous ces morts étaient là pour lire derrière votre épaule ce poème en leur hommage. La mort donne une égalité indubitable par rapport à la vie
qui tente beaucoup, révèle parfois l'être à lui-même mais le tue en une seule guerre. Beaucoup de sensibilité dans ces vers qui nous disent aussi que l'Histoire est sous nos pas, dans nos régions
et qu'autant de croix inspirant votre plume si jeune, valent de résister aux vents. A bientôt. Suzâme


Catheau 11/11/2011 08:27



Merci, Suzâme, pour ces mots sensibles. Je crois que l'Esprit souffle où il veut.



christiane album 10/11/2011 09:59


Bonjour , merci pour ton poéme émouvant ! . À bientôt au téléphone ..


Catheau 11/11/2011 08:25



Comme l'Alsace est belle en automne ! Et ton cousin est un bon guide. A bientôt.



Dan 10/11/2011 08:27


Tous ces pauvres gars qui n'ont pas eu letemps de prendre conscience de ce qu'était une vie. Bises Dan


Catheau 11/11/2011 08:23



Mourir à dix-huit ans : la tragédie de la guerre. Merci, Dan.



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