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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 08:58

 Flamenco-10.jpg

 

Au tablao de l’Albayźin

Dans la lumière mandarine

Neiges de la sierra

Tours de l’Alhambra

Dessinées en à-plats

Sur les chaises de paille

Criant le vert et rouge

 Flamenco 13

Assise et le regard perdu

La brune est en bleu

La blonde est en blanc

La brune est en noir

Les châles les franges les volants

Silhouettant son corps ardent

Les barrettes les peignes

Et les boucles d’oreilles

Font des reflets dorés

Les vifs talons à clous

Sont d’un noir andalou

Et la guitare est ronde

Au milieu des trois hommes

Aux cheveux de corbeau

 Flamenco-6.jpg

La corde vibrera

Elle se lèvera

Fière et indifférente

Le menton relevé

Le dos les reins cambrés

Dans l’orgueil retenue

 Flamenco-2.jpg

C’est du sol que viendra

La flamme de ses pas

Lente et vive à la fois

Zapateado urgent

Montant jusqu’à ses mains

Oiseaux aux ongles rouges

Volant dans la poussière

Et la transpiration

 Flamenco-10-copie-1.jpg

Dans les vives palmas

Le chant profond se lève

Répond à la musique

Les hommes la regardent

La guitare s’affole

Le rythme va dément

La transe la prend toute

La gitane andalouse

Et l’épouse jalouse

 Flamenco-7.jpg

D’où lui vient donc ce charme

Mystérieux duende

Et que contemple-t-elle

La flamenca si belle

Dans son rêve intérieur

Où bat le sang lointain

Le psaume du rabbin

Le cri du muezzin

Et le chant byzantin

Ses gestes sont douleur

Mouvements de fureur

Fulgurance intérieure

Une histoire de pleurs

De ceux que l’on tua

De ceux que l’on brûla

De ceux qu’on exila

Les frères de Lorca

 

Souffrance et volupté

Le flamenco

Comme un couteau

 

Dimanche 15 avril, 21h 45, Grenade,

Au tablao de l’Albaýzin, 

Mirador de San Cristobal,

Spectacle de flamenco

 

link 

 

Crédit photos : Dominique Lenfantin

 

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Published by Catheau - dans Poèmes andalous
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commentaires

Carole 25/04/2012 19:30

Splendide ! Cela m'a rappelé le film de Carlos Saura "Flamenco". Un art au carrefour des civilisations, en effet, et si riche encore d'avenir.
Carole

Catheau 25/04/2012 23:11



En voyant ce spectacle de flamenco, j'ai pensé à un autre spectacle que j'avais vu à Angers, la mise en scène du poème de Lorca "Eran las cinco de la tarde" où le flamenco se mêlait à la
tauromachie. Les deux étaient superbes !



Malika 25/04/2012 15:58

Très sympa.

Catheau 25/04/2012 23:09



Vous auriez aimé, je crois, Malika.



Martine 25/04/2012 13:34

Bonjour Catheau,

Quelle joie que de découvrir votre poème. J'aime tant cette danse! Mon sang bout dans mes veines en écoutant cette musique, en admirant ces danseurs!
Magnifique partage, merci

Amicalement ;)
Martine

Catheau 25/04/2012 23:08



Fascination du flamenco. J'aime ce qu'en fit Michel del Castillo :"Il y a une urgence du cante, elle lui implore l'exacte mesure. C'est le compas, boussole et la juste
 cadence. Rien de trop. La nudité du cri, ses modulations, ses chromatismes."



Suzâme 25/04/2012 11:36

Rythmes, passion claquent au sol, couleurs en mouvements, sentiments vifs qui tourbillonnent dans l'osmose d'un temps qui unit les souffrances et l'exaltation. Merci infiniment pour ce partage, un
écrit qui danse le flamenco et qui vous ressemble tant. A bientôt. Suzâme

Catheau 25/04/2012 23:04



Merci, Suzâme. Un flamenco dansé par des Gitans et vraiment authentique, autant que nous ayons pu en juger.



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