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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 22:33

 

 _krog.jpg

Antjie Krog (Photo Lit Net)

 

Les fossiles déterrés ne décrivent pas

Mes yeux bleus passant devant tes yeux

Tes yeux noirs évitant mes yeux

Mon avant-bras blanc se reposant simplement

Le long de ton avant-bras noir

Mes cheveux lisses dormant le long de tes cheveux crépus

 

Les fossiles décrivent cependant dans la vertèbre la plus fine

La côte continuant de plaindre aveuglément

Le continent qui jadis

Lui était amarré

Le protea incontesté cherchant à humer sa compagne arrachée

Le rocher rouillé en bord de mer pleurant son frère de sang à la dérive

 

Le fossile sait que jadis tout était attaché

Que nos cœurs se sont scindés

 

Simplement nous ne savons pas

Pourquoi aujourd’hui nous héritons de cette unicité de pierre

Et de tant d’aversion cinglante

 

 in Une syllabe de sang


Avec ce poème, la poétesse sud-africaine Antjie Krog décrypte avec douleur l’alphabet-fossile, celui qui disait l’unité originelle. Elle y évoque ce temps mythique de la Pangée, avant la dérive des continents, quand la femme blanche et l’homme noir ne faisaient qu’un, quand il n’existait qu’une seule race, celle de l’humanité. Un texte qui dit l’arrachement de la femme du corps du premier homme, la nostalgie d’une époque où le racisme n’existait pas. Terrible constat d’un écrivain entrée en rébellion contre l’apartheid dès l’adolescence. Depuis, la poésie n’a cessé d’être son arme de combat.

Invitée par La Maison des Littératures, Antjie Krog sera à Saumur, salle Beaurepaire, le mercredi 16 octobre 2013, à 20h. Elle y lira ses textes en afrikaans que traduira Georges Lory. La lecture sera suivie d’un échange.

 

 

 

 

 


 

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Published by Catheau - dans Dits de poètes
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commentaires

mansfield 14/10/2013 18:42

Un texte qu'on perçoit comme exotique et tellement proche aussi, qui explique avec douleur et force l'universalité des choses et l'unicité des êtres. J'aime ce bouillonnement intérieur! merci
Catheau

Catheau 18/10/2013 18:45



Les textes ont été écrits en afrikans : il faut entendre Antjie Krog les dire, c'est magistral !



flipperine 14/10/2013 00:35

cela devait être beau que le racisme n'existait pas

Catheau 18/10/2013 18:44



Un rêve qui s'est transformé en cauchemar, hélas !



Carole 12/10/2013 21:56

Merci pour cette présentation. Il se passe beaucoup de choses à Saumur, décidément.

Catheau 18/10/2013 18:42



C'est un auteur qui en vaut la peine. Je vais évoquer plus longuement sa venue à Saumur, mercredi dernier.



Martine 12/10/2013 10:02

Quelle puissance dans les images! ça touche et fait mouche à chaque coup!

Catheau 18/10/2013 18:41



Une poétesse qui dit des choses rarement entendues, notamment sur la vieillesse. J'en reparlerai. A bientôt.



rouergat 12/10/2013 09:27

Bonjour Catheau
Merci de nous faire connapitre Antjie Krog poétesse sud-affricaine

Catheau 18/10/2013 18:40



Une magnifique découverte pour moi aussi, que j'ai tenu absolument à partager, après avoir dit ses textes à haute voix avec mon groupe de poésie.



Nounedeb 11/10/2013 15:16

En tout cas, très belle traduction, sur un sujet si profond, hélas toujours douloureux.

Catheau 18/10/2013 18:38



Je viens d'assister à une rencontre avec Antjie Krog dont je vais faire le compte-rendu. Elle a vécu - et vit - au coeur de cette douleur à travers sa poésie.



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