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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 07:59

  une-vie-francaise

  Jacques Gamblin (Paul Blick) et Pauline Etienne (Marie)

 

 

Je n’ai pas lu Une vie française de Jean-Paul Dubois (2004).C’était, je crois, un roman retraçant avec justesse l’histoire de ceux qui eurent vingt ans en 1970. L’adaptation qui en a été proposée par France 2, mercredi 14 septembre 2011, m’aura donné envie de lire cet auteur de ma génération.

Ce téléfilm de Jean-Pierre Sinapi ne reprend paraît-il qu’un épisode d’une trentaine de pages d’un roman qui en comporte plus de 400 : adapter, n’est-ce pas toujours choisir ? Il présente avec une grande justesse de ton et une sensibilité à vif un sentiment rarement aussi bien traité à l’écran : la relation entre un père et sa fille. C’est celle de Paul Blick, un photographe (remarquable Jacques Gamblin), qui cherche à arracher sa fille Marie (Pauline Etienne) au silence où l’enfonce inexorablement une dépression schizophrénique.

L’adaptation, qui use des flash-back avec intelligence et justesse, décrit la souffrance des deux enfants Vincent (Joeffrey Verbruggen) et Marie, dont les parents s’éloignent insensiblement l’un de l’autre. Au-delà de la mort des illusions de la jeunesse, elle souligne aussi qu’à un moment ou à un autre chacun est contraint de faire un choix et qu’on ne peut marcher indéfiniment à côté de soi-même. C’est ce que fera Paul Blick, hanté par la culpabilité de la mort à vingt ans de son frère Vincent, dont il a donné le prénom à son fils. « Il ne se passe pas un seul jour sans que je ne pense à lui », dit-il à sa fille.

Ce n’est que deux ans après la disparition tragique de sa femme Anna dans un accident de bi-moteur qu’il trouve enfin une raison d’exister. Il rassemble toutes ses forces pour sortir sa fille Marie de la nuit de la maladie mentale, tandis que son fils Vincent assume son choix d’aller vivre sa vie au Japon avec son amie Yûko.

Paul Blick tente de ramener Marie vers le monde des vivants en lui racontant tout ce qu’il ne lui a jamais dit : les utopies de sa jeunesse, sa rencontre avec Anna la bourgeoise, la mort de son frère, l’annonce de la mort et de la trahison de sa femme. Il lui dit la perte de l’idéal, l’amour indestructible pour Vincent, le sentiment d’avoir trahi sa classe d’origine, l’amour tu pour sa mère (Edith Scob, fragile et volontaire).

Non dénué d’un humour subtil, animé par la présence lunaire mais intense de Jacques Gamblin, ce téléfilm intelligent et plein de délicatesse tente de répondre à la question : « Faut-il vraiment aimer quelqu’un pour vivre ? »

 

Lire :

La séquence du réalisateur : "J'ai tourné Une Vie française en cinémascope",

par Jean-Pierre Sinapi, sur Télérama.fr  link

 

 

 

 

 

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Published by Catheau - dans Télévision
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