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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 00:22

Archie.JPG

Into the blood stream : Archie Roach au State Theatre de Sydney

(Photo ex-libris.over-blog.com, janvier 2013)

 

Vendredi 25 janvier 2013, nous étions au State Theatre, sans doute le plus beau théâtre de Sydney (j'en reparlerai), pour un concert, Into The Bloodstream, du chanteur aborigène, Archie Roach, devenu le porte-parole de son peuple.

Sous un écran ou défilent de vaste paysages, les chemins du Dreamtime et des films d'archives, Archie Roach chante assis, vêtu d'une chemise jaune ensoleillée sous sa veste. Il est entouré de dix choristes, sous la direction de Lou Bennett. Treize musiciens l'accompagnent, menés par Craig Pilkington. De sa voix profonde et puissante (et pourtant il n'a plus qu'un poumon), qui fait parfois penser à celle de Louis Armstrong, il ressuscite la douloureuse histoire de sa vie.

Comme nombre d'Aborigènes, il appartient à la "génération volée" : il fut en effet transplanté dans une mission puis adopté par une famille ecossaise. Ayant retrouvé plus tard sa soeur biologique, il quitte ceux qui l'ont élevé et connaît la drogue, l'alcool, une vie de galère.

La rédemption viendra grâce à sa rencontre avec Ruby Hunter, son âme soeur, et grâce à la musique. Il connaît alors le succès avec Charcoal Lane et Take the children away. Après les epreuves de 2010, la mort de sa femme, un AVC et un cancer du poumon, ce récital signe son grand retour à la scène.

Puisant profondément en lui-même pour y découvrir une force nouvelle, il livre un cri sincère et émouvant. Entre gospel et soul, j'ai particulièrement aimé le texte dans lequel il évoque (invoque) sa femme disparue sous la forme d'un pélican ; ne vivait-elle pas auprès des rivières ? Une mention spéciale aussi pour un chant en langue aborigène, doux et mélancolique (une berceuse peut-être), modulée par une des choristes du groupe.

Un beau concert, certes, mais surtout une lecon de courage et de résilience, que lui même formule ainsi : "You have to let go of the pain and get on with life. Forget your troubles for a while and get up and dance. It's a celebration of life and good medicine straight into the blood stream."

 

Archie 2

 Archie Roach et ses choristes au State Theatre de Sydney

(Photo ex-libris.over-blog.com, janvier 2013)

 

 

Lien vers mon poème "Au rocher sacré", écrit en 2008, lors de mon premier voyage en Australie link


 

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commentaires

valdy 10/02/2013 14:09

Quelle histoire poignante, la vie de cet artiste aborigène... Je suis ravie de soulever un voile sur un autre monde, grâce à votre plume Catheau,

Catheau 12/02/2013 01:20



Un spectacle emouvant dans un theatre extraordinaire, datant des Annees folles. Un tres beau souvenir.



Martine 02/02/2013 07:27

Bonjour Catheau,

Les aborigènes, comme d'autres peuples, ont beaucoup souffert par l'homme blanc.
J'aime leur art dont j'ai eu l'occasion d'admirer quelques oeuvres en vrai. Maints reportages sur Arte et la 5 tentent de leur rendre justice tant sur le plan historique, sociétal
qu'artistique.
Ce chanteur n'a pas été épargné par la vie. Quelle force d'âme
Merci Catheau pour cet émouvant partage
Amitiés
Martine

Catheau 08/02/2013 23:40


Merci, Martine, de Votre commentaire et de Votre intérêt pour cet art aborigène, dont j'avais vu une remarquable exposition dans la collégiale Sainte-Croix de Loudun. Pour une fois, les Aborigènes
étaient nombreux à ce spectacle alors qu'on n'en voit guère à Sydney. Pardonnez mon absence chez vous mais je dispose ici d'une connexion insuffisante.


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