Sur la plage de Malo-les-Bains (Vendredi 23 mars 2012)
(Photo ex-libris.overblog.com)
Sur la plage bleue
Au frais soleil du printemps
Joggeurs dans le vent
Muret moussu près de l'église de Rou
(Photo ex-libris.over-blog.com, Mars 2011)
C’est un muret de pierre
En haut d’un tertre vert
Souvent quand vient le soir
On m’y voit m’y asseoir
Dans un noir de velours
En moi meurt le grand jour
Et lorsque déraisonne
Mon cœur qui s’empoisonne
Dans la fraîcheur amère
Des lèvres de la terre
Je frôle infiniment
De mes doigts frissonnants
Le duvet de la mousse
Et son étoffe douce
Deuxième publication
Pour la communauté de Hauteclaire, entre Ombre et Lumière,
Thème : mousses et lichens
L'ombre du grillon sur la poire en pierre
(Mars 2012, Photo ex-libris.over-blog.com)
Il ne chantera plus le grillon du foyer
Qu’on avait recueilli
Et qu’on avait nourri
Dans son vase de verre il était au soleil
Il bougeait doucement
Ses antennes en dormant
Il aimait bien le soir faire sa promenade
Sur nos doigts dépliés
Et nos bras allongés
Insecte du bonheur au caparaçon noir
Compagnon d’un hiver
Présence familière
Il ne chantera pas dans le lavandin bleu
Le grillon qu’on aimait
Et qui nous a quittés
La promenade du grillon
(Mars 2012, Photo ex-libris.over-blog.com)
Blog en Pause
Le petit
écolier en blouse noire, Foujita
En cette semaine du Printemps des Poètes consacrée aux « Enfances », je suis heureuse d’avoir concouru pour le concours des éditions Omnibus réservé aux blogueurs.
Le jury, composé de l'équipe éditoriale des éditions Omnibus et des deux auteurs de l'ouvrage Cent récitations de notre enfance, Albine Novarino-Pothier et Bé́atrice Mandopoulo, a classé mon poème à la 5ème position de son top 10.
Par ailleurs, Suzâme, toujours soucieuse de partager la poésie, a proposé ce texte à son association PoéVie à Nanterre. Qu’elle en soit remerciée. http://suzame-ecriture.over-blog.com/article-printemps-des-poetes-enfances-j-1-101598585.html
Petit écolier
Il est bien loin déjà le parfum de l’école
Des dictées ânonnées des leçons rabâchées
Des jours où l’on jouait aux billes à pigeon-vole
Le cœur empanaché
Il ne reviendra plus le ciel de la marelle
On sautait sur un pied les genoux écorchés
Les garçons et les filles en belle ribambelle
Le cœur amouraché
Il s’est enfui le temps de la petite enfance
Quand on jouait aux barres et puis à chat-perché
Dans les rires et les cris d’une douce innocence
Le cœur effarouché
Mais il roule en moi comme une ronde toupie
Qui tourne infiniment sans en être empêchée
Un petit écolier dont j’ai la nostalgie
Dans mon cœur écorché
La sirène, Alexandre Séon (1896),
Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne
Qui portait la sandale aux couleurs d’océan,
Echouée sur le sable parmi les bois flottés,
Déposée par la mer l’écume et les courants ?
Etait-ce la naïade au couchant dessinée,
Dont les gestes ailés remodèlent les vagues,
Et qui les pieds légers sur la grève dansait ?
Etait-ce la pêcheuse dont le grand filet drague
Crevettes et couteaux dans la flaque endormie,
Où sont les crabes nains et les verts cheveux d’algues ?
Etait-ce le marin souhaitant l’accalmie,
Aux embruns déchaînés, sur le pont ruisselant,
Qui frissonne et ne sait s’il reverra sa mie ?
Etait-ce la sirène amoureuse d’un homme
Qui endura la mort et les mille tourments
Afin d’être une femme et de croquer la pomme ?
Je ne saurai jamais qui portait la sandale
Abandonnée au sel et aux flots incléments,
Dérisoire épave d’un naufrage fatal,
Qui vogue sur les eaux et flotte dans le temps.
Pour la proposition de Noune d'écrire un poème à forme fixe inspiré par une photo, j’ai choisi cette semaine d’écrire un texte en terza rima. Cette forme codifiée fut importée d’Italie (Dante la pratiqua) en France au XVI° siècle. On la retrouve sous la plume de Jodelle, Baïf ou Desportes. Délaissée par la suite, elle reparaît au XIX° siècle avec Théophile Gautier (http://www.unjourunpoeme.fr/poeme/terza-rima) et Leconte de Lisle ( http://flormed.e-monsite.com/pages/f-fixes-3/terza-rima/), ou encore Hérédia .
Ecrit souvent en alexandrins, ce poème n’est pas limité dans sa longueur et c’est la disposition de ses rimes qui en fait l’intérêt. Le premier vers rime avec le troisième, le second avec le quatrième et le sixième, le cinquième avec le septième et le neuvième, et ainsi de suite. Toutes les rimes sont donc répétées trois fois, sauf la première et la dernière et les rimes plates en sont absentes. On a par ailleurs coutume de séparer les tercets de la terza rima par des blancs et d’isoler le dernier vers.
Pour le Jeudi en Poésie des Croqueurs de Mots,
Thème proposé par Nounedeb : sur la photo d’une sandale bleue sur une plage, pour un sonnet, un rondeau, un haïku ou tout autre forme fixe.
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